Bottom Bitcoin : comment reconnaître le point bas d'un bear market ?

Le bottom d'un cycle Bitcoin ne se confirme qu'a posteriori. Définition, phases baissières depuis 2014, indicateurs on-chain, flux des ETF et signaux d'intérêt : ce que montrent les données du cycle 2025-2026, le 4e plus long mais le plus faible en amplitude.

Qu'est-ce que le bottom d'un bear market Bitcoin et comment les analystes situent-ils un cycle ? Définitions, comparaison des sept phases baissières depuis 2014 et indicateurs mesurables du cycle actuel, chiffres sourcés à l'appui.

Bottom Bitcoin : comment reconnaître le point bas d'un bear market ?

Dernière mise à jour : 30 juillet 2026

Le bottom désigne le point le plus bas atteint par le prix du bitcoin au cours d'un cycle baissier, avant le début d'une reprise durable. Il ne peut être confirmé qu'a posteriori, une fois la tendance clairement inversée. Selon l'étude publiée par CoinGecko, le marché traverse actuellement sa septième phase baissière depuis 2014, déjà la quatrième plus longue de l'histoire du bitcoin avec 233 jours enregistrés au 24 juin 2026. Depuis son sommet de 126 000 dollars atteint en octobre 2025, le BTC a inscrit un plus bas annuel à 58 190 dollars en juin 2026, soit un repli d'environ 54 %.

Aucun indicateur ne permet d'identifier un bottom au moment où il se forme. En revanche, les analystes s'appuient sur un faisceau de signaux mesurables pour situer un cycle : durée de la phase baissière, amplitude de la correction, activité on-chain, comportement des détenteurs de long terme, flux des ETF et niveau d'intérêt du grand public. Cet article définit ces notions et présente ce que montrent les données du cycle actuel, comparées aux cycles précédents.

📺 Ce sujet est également traité en vidéo sur la chaîne Hasheur : Ce bear market est-il bientôt TERMINÉ ?


Qu'est-ce que le bottom d'un bear market Bitcoin ?

Le bottom, ou point bas de cycle, correspond au niveau de prix plancher touché par le bitcoin entre deux phases haussières. Il se distingue d'un simple creux local : un actif peut rebondir plusieurs fois au cours d'une même phase baissière avant d'inscrire son véritable plus bas. C'est pourquoi un bottom ne se constate jamais en temps réel, mais uniquement avec du recul, lorsque le prix ne revient plus sur ce niveau.

Les bottoms des cycles précédents illustrent ce mécanisme. Selon les données historiques compilées par Glassnode et TradingView, le bitcoin a marqué un plus bas autour de 3 200 dollars en décembre 2018, après un sommet proche de 19 000 dollars, puis autour de 15 460 dollars en novembre 2022, après un record à environ 69 000 dollars. Dans les deux cas, ces niveaux n'ont été identifiés comme des bottoms que plusieurs mois plus tard, une fois la reprise installée.

Comment définit-on une phase baissière du Bitcoin ?

La définition la plus utilisée repose sur la moyenne mobile à 200 jours, un indicateur qui lisse le prix de clôture des 200 derniers jours pour dégager la tendance de fond. Selon la méthodologie de CoinGecko, une phase baissière débute lorsque le cours du bitcoin clôture sous cette moyenne pendant au moins 30 jours consécutifs.

En appliquant ce critère, CoinGecko recense sept phases baissières depuis 2014. Les deux plus longues ont duré 385 jours (2018-2019, après l'euphorie des ICO) et 381 jours (2022-2023, après les faillites en chaîne de Terra, Celsius puis FTX). La troisième, celle de 2014-2015 consécutive à l'effondrement de la plateforme Mt. Gox, s'est étendue sur 321 jours. À l'inverse, certaines phases ont été très courtes, comme celle du krach lié au Covid en 2020, effacée en quelques semaines. La durée d'un bear market varie donc fortement selon la nature du choc qui le déclenche.

Où en est le bear market actuel par rapport aux cycles précédents ?

Au 24 juin 2026, la phase baissière en cours durait depuis 233 jours selon CoinGecko, ce qui en fait déjà la quatrième plus longue depuis 2014. Fin juillet, le bitcoin évolue toujours sous sa moyenne mobile à 200 jours, portant cette durée au-delà de 265 jours, encore loin toutefois du record de 385 jours.

L'amplitude raconte une autre histoire. La correction, mesurée à environ 51 % entre le sommet et le plus bas à la date de l'étude CoinGecko fin juin, est la plus faible jamais enregistrée pour un bear market du bitcoin : les grands cycles structurels de 2018-2019 et 2022-2023 avaient effacé respectivement 83,6 % et 76,7 % de la valeur de l'actif. L'écart entre le prix et la moyenne mobile à 200 jours, située à 76 450 dollars au 24 juin, atteignait alors 22 %. Historiquement, une fois le bottom confirmé, le bitcoin a mis entre 65 et 166 jours pour repasser durablement au-dessus de cette moyenne.


Pourquoi les adresses actives sont-elles surveillées de près ?

Le nombre d'adresses actives mesure combien d'adresses distinctes envoient ou reçoivent des bitcoins sur une période donnée. C'est un thermomètre de l'utilisation réelle du réseau. Selon les données CryptoQuant relayées par TradingView, la moyenne mobile à 7 jours des adresses actives est passée d'environ 777 000 à 613 000 entre fin 2025 et mars 2026, un recul de plus de 21 %, alors que les pics de fin 2024 dépassaient 1,1 million d'adresses.

Cette lecture appelle toutefois une nuance devenue essentielle : une part croissante de l'exposition au bitcoin passe désormais par les ETF et d'autres produits financiers. Or ces instruments échangent des droits de propriété sans déplacer les bitcoins sous-jacents. Une partie de la demande devient donc invisible dans les métriques on-chain, ce qui rend les comparaisons avec les cycles antérieurs, où le retail achetait directement ses jetons, moins directes qu'auparavant.

Que révèle l'offre détenue par les holders de long terme ?

L'offre de long terme regroupe les bitcoins détenus depuis au moins 155 jours sans avoir bougé, selon la méthodologie de Glassnode. Ces jetons sont statistiquement moins susceptibles d'être vendus à court terme, ce qui fait de cette métrique un indicateur de conviction des détenteurs existants.

Les chiffres du cycle actuel sont marquants. Selon CoinDesk, sur la base des données Glassnode, cette offre est passée de 14,12 millions de BTC au moment du sommet d'octobre 2025 à 16,3 millions de BTC en mai 2026, à un rythme d'environ 200 000 BTC par mois, un niveau proche du record historique de janvier 2024. Début juillet 2026, CoinDesk rapportait également que les détenteurs de long terme étaient repassés en accumulation nette. Dans les cycles passés, ce comportement, acheter dans la faiblesse et distribuer dans la force, a souvent été observé pendant les phases de creux, notamment lors des bear markets de 2015 et 2019.

Pourquoi le désintérêt du public est-il considéré comme un signal de cycle ?

L'attention portée aux cryptomonnaies suit historiquement le prix : elle culmine près des sommets et s'effondre dans les creux. Owen Simonin, qui anime la chaîne Hasheur depuis 2016, en fait un indicateur à part entière. Il observe que la moyenne mobile sur 30 jours des vues réalisées par les créateurs de contenu crypto dans le monde a été presque divisée par dix entre le sommet d'octobre 2025 et la mi-2026, et que même des chaînes dépassant le million d'abonnés peinent à attirer de nouveaux entrants. Il relève avoir constaté des creux d'audience comparables en 2019 et en 2023, à chaque fois dans les points bas du marché.

Autre baromètre souvent cité : le classement de l'application Coinbase sur les magasins d'applications, très bien classée dans les périodes d'euphorie et hors des premières places quand les nouveaux entrants se raréfient. Ces signaux ne mesurent pas la valeur du réseau, mais le flux d'intérêt, carburant des phases haussières passées.

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Qu'est-ce que la « purge » d'un bear market ?

La purge désigne la disparition des projets et des entreprises qui ne survivent pas à la baisse prolongée des prix et des volumes. Selon les données RootData relayées fin juillet 2026, 99 projets crypto ont cessé leurs activités, fait faillite ou sont devenus inactifs depuis le début de l'année : plateformes d'échange, wallets, protocoles DeFi, réseaux de layer 2, outils d'analyse ou projets NFT.

Le phénomène touche aussi l'événementiel : les organisateurs de NFT Paris et RWA Paris ont annulé leur édition 2026 en invoquant l'impact du ralentissement prolongé du marché, après quatre éditions qui avaient fait de Paris un des hubs européens du Web3. Dans les cycles précédents, ce type de contraction a mécaniquement réduit l'offre de projets, concentré les capitaux et l'attention sur les acteurs restants, et laissé du temps de construction à ceux qui disposaient encore de trésorerie.



Quel rôle jouent les ETF et les institutions dans le cycle actuel ?

Le cycle 2025-2026 est le premier bear market complet depuis l'arrivée des ETF Bitcoin au comptant américains, lancés en janvier 2024. Leur comportement est donc scruté comme un indicateur à part entière. Selon les données SoSoValue relayées par Value The Markets, ces ETF ont enregistré 4,06 milliards de dollars de sorties nettes en juin 2026, leur pire mois depuis leur création, ramenant leurs encours à 72,82 milliards de dollars. L'IBIT de BlackRock a concentré l'essentiel de ces retraits, et 2026 est en passe de devenir la première année à flux nets négatifs pour ces produits.

Les institutions introduisent par ailleurs une dynamique différente de celle du retail : leurs décisions d'allocation sont plus lentes, leurs horizons plus longs, et elles réagissent davantage à des facteurs exogènes, politique monétaire, réglementation, arbitrages entre classes d'actifs, qu'à la volatilité de court terme. Cette montée en puissance modifie la structure des cycles par rapport aux périodes où les particuliers dominaient les échanges.

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Quels facteurs externes peuvent influencer la sortie d'un bear market ?

La réglementation américaine occupe une place centrale dans le cycle actuel. Le Clarity Act, qui répartirait la supervision des actifs numériques entre la SEC et la CFTC, a été adopté par la Chambre des représentants en juillet 2025 par 294 voix contre 134, puis par la commission bancaire du Sénat le 14 mai 2026. Selon CoinDesk, la fenêtre pratique pour un vote en séance plénière se referme début août 2026, avant la suspension estivale du Sénat. Un vote ou son report constitue, dans un sens comme dans l'autre, un événement susceptible de modifier le sentiment des investisseurs institutionnels.

S'ajoutent des facteurs macroéconomiques et saisonniers : les décisions de la Réserve fédérale, suivies de près par le marché, et le ralentissement estival de l'activité financière, une période où les mois d'août et septembre se sont souvent révélés faibles pour le bitcoin dans les cycles passés. Enfin, la corrélation du bitcoin avec les actions technologiques américaines s'est montrée très instable sur ce cycle, ce qui limite la fiabilité de cet indicateur pour anticiper ses mouvements.


Peut-on identifier un bottom au moment où il se produit ?

Non. Un bottom ne se confirme que rétrospectivement, lorsque le prix s'éloigne durablement de son plus bas et que la tendance de fond s'inverse. Le signal de confirmation le plus utilisé par les analystes est le retour du prix au-dessus de la moyenne mobile à 200 jours de manière soutenue. Selon CoinGecko, ce franchissement est intervenu entre 65 et 166 jours après le point bas lors des cycles précédents, et cette moyenne a souvent agi comme une résistance lors des tentatives de reprise, pas seulement comme un support à la baisse.

Comme le résume Owen dans sa vidéo : « Bitcoin n'a pas changé. Il est exactement le même techniquement que quand il était à 125 000 dollars. Ce n'est qu'une question de perception et d'intérêt. » Le protocole, son offre plafonnée et son fonctionnement restent identiques d'un cycle à l'autre ; ce sont les flux, l'attention et le contexte extérieur qui déterminent le moment où un plus bas devient un bottom.

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Ce qu'il faut retenir

Le bottom est le point bas d'un cycle baissier du bitcoin et ne peut être confirmé qu'a posteriori. Le bear market actuel, septième depuis 2014 selon CoinGecko, est déjà le quatrième plus long de l'histoire de l'actif, mais aussi le plus faible en amplitude avec une correction d'environ 51 %, contre 76 à 84 % lors des grands cycles baissiers précédents. Les indicateurs suivis par les analystes, adresses actives, offre de long terme, flux des ETF, intérêt du public, décrivent l'état d'un cycle sans jamais permettre de prédire son point de retournement.


FAQ : bottom et bear market Bitcoin

Quelle est la différence entre une correction et un bear market ?

Une correction est une baisse ponctuelle du prix, généralement de l'ordre de 10 à 20 %, qui peut survenir même en tendance haussière. Un bear market est une phase baissière prolongée : selon la définition de CoinGecko, elle se caractérise par au moins 30 jours consécutifs de clôture sous la moyenne mobile à 200 jours.

Combien de temps dure un bear market Bitcoin ?

La durée varie fortement d'un cycle à l'autre. Sur les sept phases baissières recensées par CoinGecko depuis 2014, la plus longue a duré 385 jours (2018-2019) et certaines n'ont duré que quelques semaines, comme lors du krach lié au Covid en 2020. La phase actuelle dépassait 233 jours au 24 juin 2026.

Le bottom du cycle 2025-2026 est-il confirmé ?

Non. Le plus bas annuel de 58 190 dollars inscrit en juin 2026 ne pourra être qualifié de bottom que si le prix ne revient pas sur ce niveau et repasse durablement au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours, ce qui n'était pas le cas fin juillet 2026.

Qu'est-ce que la capitulation ?

La capitulation désigne le moment où une part importante des investisseurs vend à perte, souvent sous l'effet de la panique, provoquant une accélération finale de la baisse. Elle est fréquemment observée à proximité des points bas de cycle, mais elle ne peut, elle aussi, être identifiée avec certitude qu'a posteriori.


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